15.10.2008

Le séjour à la Taupe le week-end du 11 et 12 Octobre 2008

Les participants : Jean-Christophe au départ de Limoges, Laurent en visite à Toulouse et Roger de Toulouse.
J-Chris nous retrouve chez moi à 18h30, départ 19h30 de Toulouse pour Aussurucq. Un petit repas sur le parking de l’autoroute où J-Christophe nous dévoile les aménagements de son camion (frigidaire, table pliante …) 2 steaks hachés et quelques pâtes plus tard, nous récupérons les clefs du cayolar, qui sont sur la boîte aux lettres.
Nuit étoilée, la porte du cayolar à peine ouverte, nous découvrons le passage des habitants des combles nos petits amis les loirs.
De nombreuse crottes de toute grosseur, les placards visités, des trous dans le matelas, mais pas d’araignées ni de chauves-souris.
Le matin un beau soleil dans un ciel très bleu où les palombes zigzaguent pour éviter les nombreux tirs des chasseurs.
Départ du gite à 9 heures. Nous montons vers la Taupe dans la prairie, parmi les fleurs et les grands hêtres aux couleurs de l’automne, avec les Pyrénées en toile de fond : c’est de toute beauté.
Enfin il faut bien commencer à descendre (10h), les passages s’enchaînent rapidement, salle de la dague, puits de la Vie de Château, les oubliettes, les papés, le pop’oc, le puits des coquillages, la cathédrale des llaminacks, la trémie du marteau fétiche, le réseau de l’Ammonite et enfin le bivouac du Gypse, ouf, il est 15h30.
Repas sur le pouce et nous repartons après avoir enfilé nos néoprènes, J-Christophe lui reste fidèle au pantalon de pécheur recouvert d’une cagoule Marboré d’un beau rouge vif collée avec un rouleau de scotch ancien.
La première baignade dans le lac des envoûtés nous rafraichit. J-Christophe s’aperçoit qu’il a des fuites, l’eau nous arrive en haut de la poitrine.
Le débit de la rivière est important car il a beaucoup plu mardi et mercredi, les puits sont de plus en plus arrosés, l’eau est froide, les embruns nous arrosent et le bruit de l’eau est assourdissant.
Ils nous reste encore à nager dans le lac du Mystère et plonger la tête dans l’eau pour les passages bas et enfin nous sommes au pied du réseau Marmitako découvert par Laurent et ses amis basques le week-end du 15 Août 2008, qui maintenant dépasse le dernier siphon et prolonge la Taupe.
Nous topographions la galerie, une superbe conduite forcée, avec quelques vasques parfois pleines d’eau, de l’eau peut-être fossile, qui nous attendait là depuis des millions d’années quand la galerie s’est enfoncée dans le calcaire.
Des milliers de sapins de calcaire se dressent au sol de la galerie, elle tourne parfois en angle droit, de profondes vasques nous obligent à une désescalade délicate, mais d’autres vasques sont percées par l’ancien passage de l’eau, nous rejoignons le canyon à la fin du siphon par le puits de 8 mètres équipé par Pedro le WE du 2 et 3 Août.
Laurent se retrouve en terrain connu. Pour nous la découverte est totale, l’eau parcourt le fond du canyon, les parois parfois très hautes sont d’un beau calcaire bleu foncé, la topographie se poursuit accompagnée par le grondement de l’eau, la progression est délicate car il faut éviter les glissades au bord des vasques profondes, où nous perdons pied quelques fois pour un bain forcé.
Jean-Christophe est au carnet topo, Laurent à la mesure avec le télémètre et le clinomètre et Roger au marquage des points topos et au plantage de spits pour les passages des vasques. Les heures passent, la topo avance et nous nous regroupons devant le P10 qu’il nous faut équiper pour poursuivre l’exploration.
Laurent pour se réchauffer plante rapidement 3 spits en évitant la cascade d’eau fraîche et à nous la suite.
La progression reprend, toujours les mini-gours et de nombreuses vasques arrondies aux abords glissants.
Nous scrutons les parois du canyon toujours à la recherche de passages en hauteur, des départs proches nous tentent bien, mais la progression continue, la suite agit comme un aimant sur nous. Des méduses de calcaire aux formes plantureuses nous observent ainsi que des fétiches africains dessinés par les parois.
Le canyon s’agrandit petit à petit, il perd un peu de sa pente, parfois la voûte s’abaisse et nous fait craindre un arrêt mais heureusement le plafond reprend de la hauteur, la fatigue nous ralentit, encore un ressaut de 5 à 6 mètres avec une superbe vasque ronde, Jean-Christophe le descend pour voir la suite, effectivement cela continue, encore et encore … dernier point topo, les cordes sont pliées et misent hors crue, il doit être 2 h du matin.
Le retour est décidé, les mêmes pièges glissants au sortir des gours, l’eau devient plus froide elle essaie de nous retenir à la sortie des vasques. Il faudra encore planter de nombreux spits pour faciliter la progression.
Un arrêt dans La galerie Marmitako, pour planter un spit et ajouter une corde pour une meilleure sécurité, à la sortie de la traversée, au-dessus du siphon.
Nous plongeons dans le passage bas du lac du Mystère, et après 30 m de natation et quelques puits bien arrosés, nous revoilà au lac des envoûtés. Il est 4 heures du matin, nous arrivons enfin au bivouac du Gypse, les duvets humides et un repas vite avalé nous permettent de nous reposer.
La « presque nuit » est bercée par les ronflements de mes 2 compagnons, des crampes me réveillent il est 9h00 du matin et nous sommes Dimanche.
Le petit déjeuner et l’inventaire faits, nous repartons vers la surface, l’eau a baissé, il pleut beaucoup moins dans le puits des coquillages.
A la sortie il fait encore jour, un coucher de soleil brumeux à travers les feuilles aux couleurs de l’automne, voici ma première image, après 2 jours passés dans l’obscurité, il est 19heures et c’est fini !!

13.10.2008

l´explo dans la Taupe le WE du 2-3 août. Participants : Pedro Intxaurraga(club GAES de Bilbao), Aitor Lotina(club BURNIA de Bilbao), Laurent Richard

Départ le samedi matin tôt pour nous présenter vers 7h à l´entrée de la Taupe.
Descente très tranquille direction le bivouac(arrivée à 12h30), mes compagnons découvrent pour la première fois le trou. Nous changeons les burys pour nos néoprènes et nous nous chargeons de tout le matériel du bivouac et de ce que nous avons amené. Le passage de la dernière piscine est très très frais pour ceux qui n´ont pas la partie supérieure de la néoprène... Nous cherchons l´escalade indiquée par Roger, mais rien ne correspond à sa description. Donc on commence par la plus évidente, celle qui est au dessus du P5. Aitor grimpe rapidement, assuré par Pedro, pendant que Laurent fait une révision complète du reste de la galerie en faisant les autres escalades en libre. Le courant d´air est pourtant monstrueux dans le passage bas à la sortie de la piscine!
L´escalade d´Aitor queute... mais une courte traversée permettrait d´accèder à ce qui semble être une conduite forcée plus en avant. 2 spits plus tard, on retrouve le courant d´air dans un beau tube rectiligne, puis dans une galerie fossile entrecoupée de marmites (galerie 'Marmitako' , jeux de mots car le marmitako est aussi un plat basque).
Après 50m, on entend de nouveau la rivière... Un petit P8 équipé par Pedro donne 5m derrière le siphon qui avait arrêté la dernière explo!!
Continuation dans l´euphorie, le canyon ne nous arrête que le temps d´équiper ses maudits mini ressauts d´1,5m impossibles à descendre sans corde car les parois et le sol est hyper glissant et la remontée en libre serait impossible. Environ 5 ressauts équipés en monospit, succession de petits toboggans, de grandes et belles marmites (baignade parfois obligatoire), belle ambiance avec la flotte omniprésente. Après environ 150-200m estimés dans la rivière(environ 20m de dénivelé depuis le siphon), arrêt sur un P10 par manque de matériel. Le courant d´air est encore sensible malgré les grandes dimensions...
Retour au bivouac en remontant les cordes en tête de puit. Le froid de la piscine au retour est glacial, ainsi que le vent (non, non, pas de courant d´air, du vent!) dans la première voûte mouillante.
Coucher vers 23h et lever à 7h le dimanche. Départ du bivouac à 8h30 et le soleil nous reçoit à 15h30. Pour une fois, la remontée fait plaisir, le trou étant à l´étiage. Laurent équilibre les charges en prenant un kit d´antiquités (bateau, ferrailles, cordes) dans la salle des Llaminaks